HISTORIQUE DE NOUATRE

Nouâtre Gallo-Romain

Nouâtre fut d'abord appelé " Novum Castrum" contracté bientôt en Nocastrum ou Nogastrum puis enfin Nouâstre. En limite des territoires occupés par des tribus gauloises plus pacifistes que bellicistes des Pictons et des Turons, ancêtres des Poitevins et des Tourangeaux, un organisme militaire dut vraisemblablement s'implanter sur les hauteurs qui dominent la rive gauche de la Vienne en aval de son confluent avec la Creuse.

Les romains après avoir pacifié sans peine la contrée, incitèrent les occupants de cet "oppidum" à descendre dans la vallée et à tenir un gué ou un pont à cet endroit. Ainsi, un camp romain fut construit à l'emplacement actuel de Nouâtre, d'où le nom donné à l'époque " Novum Castrum".

Les Maures venus d'Espagne attirés par les richesses de Saint Martin de Tours déferlèrent sous les ordres d'Abd-el-Raman par la vallée de la Vienne et le plateau de Sainte Maure; le menhir troué des arabes à Draché, la Pierre Percée, à quelques kilomètres de Nouâtre évoque sans nul doute les combats qui furent livrés par Charles Martel aux Sarrazins. " Le Camp de Nouâtre" y a joué un rôle au niveau de ce qui était la" logistique" de l'époque

 

Doté d'un patrimoine archéologique considérable, le territoire de la commune de Nouâtre paraît être occupé depuis le paléolithique inférieur et même, semble-t-il, supérieur. Les vestiges du Néolithique y sont nombreux et les sites gallo-romains abondants(Soulangé...). au cours du haut Moyen-Age, plusieurs mottes féodales sont élevées au bord de la Vienne pour protéger le gué. En fait, c'est tout un ensemble fortifié en terre, divisé en deux partie et entouré par le ruiseau le Réveillon, qui comprend au sud le bourg de l'époque et son église et au nord la motte du donjon. Cette dernière, élévation importante de terre, est ceinte en 1464 de remparts et munie de tours dont trois subsitent encore. Cet ensemble sur la rive droite de la Vienne constitue avec la Motte de Sulion, sur la rive gauche et l'actuelle commune de Marcilly, un formidable système de protection du gué utilisé d'abord par la voie antique et ensuite par la route d'Espagne menant à Compostelle. Le premier seigneur de Nouâtre est Guennon qui vit dans les années 920. Foulques Nerra, le puissant Comte d'Anjou, s'empare ensuite de cette terre et y érige un castrum. Le fief ainsi créé est transmis à son petit-fils, Foulque l'Oison, puis au fils mineur de ce dernier, Bouchard de Vendôme et, en attente de sa majorité, à son oncle Guy de Nevers qui est son bailliste de 1066 à 1075. En 1095, le fief passe dans les mains de Guillaume de Sainte-Maure dont la succession, quelquefois par les femmes, est assurée par les Craon, Guy et Aymar de la Rochefoucauld, Jean d'Estouville, Jean du Fou, Guillaume de la Marche et la famille des Rohans jusqu'à la révolution.

Nouâtre fut une citadelle féodale aux XIème et XIIème siècles.

Le Moyen Age féodal est bien peu connu, quand il n'est pas méconnu. Que de lacunes, que d'erreurs dans les manuels ! il est vrai que la tâche de l'historien n'est pas en la circonstance des plus aisées. Les sources sont peu abondantes: l'état civil n'existait pas : le sens de certains mots, dans les documents anciens est demeuré énigmatique, le nom des lieux se sont souvent modifiés ou ont disparu depuis lors, et les dates souvent incertaines. Et cependant peut-on réaliser la véritable histoire de la Franceféodale avant que soit connue l'histoire des villages qui forment cette France.

Sur la rive droite de la Vienne, en aval du confluent de cette rivière avec la Creuse, s'élevait alors la forteresse de Nouâtre, qui fut, sur les marches du Poitou, une des places-fortes des comtes d'Anjou en Chinnonnais. Nous voudrions essayer d'en reconstituer la vie aux XIème et XIIème siècles, grâce au Cartulaire de l'Abbaye de Noyers toute proche puisant une certaine confiance en ce privilège que nous avons de connaître le pays.

Qu'était Nouâtre dans le système féodal? Foulque Nerra traversa les terres de Guennon, seigneur de Nouâtre, nous disent les Chroniques des Comtes d'Anjou. Le grand bâtisseur put constater qu'en ce lieu de passage important, la nature favorisait la construction de tout un système de défense et l'abbé Chevalier, dans ses Promenades Pittoresques en Touraine, nous as décrit la topographie de la forteresse. Après avoir constaté la présence à Nouâtre d'une motte énorme, prise jadis pour un tumulus, mais où il a trouvé des tuiles à rebords et des poteries Gallo-romaines, il écrit:

" A défaut de ces témoins, il suffirait de regarder la disposition des lieux pour reconnaître un camps permanent. En effet le ruisseau de Maillé a été divisé, au pied même de la motte, en deux ruisseaux qui l'entourent sur la moitié extérieure de son pourtour, et de là vont se jeter dans la Vienne par un fossé large et profond, en enveloppant ainsi dans cet espace triangulaire tout le bourg, l'église et le chateau actuel. La motte ou donjon occupait la pointe de ce triangle. Tel était dans l'origine le camps retranché qui commandait en ce point le passage de la Vienne, commandé sur l'autre rive par la Motte-aux Fils Yvon. Plus tard, problablement dans le courant du XIème siècle, un chateau de pierre fut bâti sur les bords même de la rivière, et compléta un système formidable de défense. Sur les ruines de ce chateau, Jean D'Estouville en construisit un autre dans les dernières années du règne de Charles VII, et Jean du Fou l'acheva de 1467 à 1494 "

Aujourd'hui de la motte féodale, il subsiste un tout petit monticule, car la terre elle même peut être une ruine. Quand aux douves de la forteresse, elles entourent une partie du bourg actuel, enjambées par des chemins modernes.

Le fief du chateau de Nouâtre devrait être confiés aux Comtes de Vendôme , descendants de Foulque Nerra ; c'est ainsi que, aprés son tuteur Guy de Nevers, Bouchard de Vendôme fut seigneur de Nouâtre.

Il faut, lorsqu'on évoque la topographie féodale de Nouâtre, penser qu'il y avait d'autres mottes aux environs, surmontées chacunes au XIème siècle de son donjon de bois: plusieurs chartres font allusion à celle de Sulion.

La citadelle(castrum) de Nouâtre renfermait une église, dédié à Saint Révérend, dont plusieurs chartres font mentions.

De même qu'à côté des grandes mottes, il y en avait des petites, de même à l'ombre du clocher paroissial il y avait des chapelles: l'une d'elles est signalée comme étant hors du castrum.

Il existait à proximité toute une activité rurale: des exploitationx agricoles comme celle de Capètes entre Nouâtre et Chenevelles : des vignobles, des prés comme le pré de la pierre, près de Chenevelle, le pré bardon. On y trouverait des étangs, comme celui dit de Nouâtre, un marais . Comme aujourd'hui on circulait sur des chemins , ou des sentiers. Il y avait des croix au bords des routes, comme la croix Hosannière près de la route de Noyers.

La population de Nouâtre était très mélangée. ville de garnison ( qu'on me permettre ce terme ) elle voyait circulait entre ces murs de nombreux chevaliers , des nobles, dont les uns habiteraient la citadelle où ses abords et dont d'autres n'y faisaient que des apparitions , le même homme pouvant grouper entre ses mains des fiefs plus ou moins nombreeux.

Banquets ....Batailles .....Chasses Tout cela nous empêche de voir bien d'autres occupations du seigneur ; la vie religieuse, avec les visites aà l'abbé, avec ses pélérinages, avec la Croisade; la vie familiale, et nous allons surprendre le lecteur , l'activité agricole car le noble de nos campagnes médiévales , s'il gourvernait son château, aurait aussi ses propriétés rurales; et s'il ne les cultivait par lui même, il s'en occupait , et il nous apparait comme l'ascendant direct (au figuré, tout en l'étant souvent au sens propre du terme ) des proprèitaires, cultivateurs actuels.

Il suffit de parcourir le Cartulaire de Noyers pour se rendre compte de la vigilance, pouvant devenir de l'âpreté, avec laquelle les nobles surveillaient leurs biens, même s'il s'agissait d'un petit morceau de terre, d'un droit sur une écluse ou un collibert. ils faisaient des dons nombreux à l'abbaye, mais que de conflit ont suivi ces générosités ! Le Cartulaire est rempli de donations, de confirmations et de contestations.

C'est une vie civile qui se déroule parmi les secousses de l'époque, très comparable à la notre. On conserve l'usufruit du bien qu'on donne, ou bien on prévoit que la veuve en jouiera sa vie durant. Si l'on manque d'argent, on hypothèque un immeuble, ou plutôt on le donne en gage. Et nous avons même cette épisode imprévu, vers 1117, de Pierre Goscellin, gendre d'Urias de Nouâtre, s'adressant à des juifs pour un emprunt sur gages.......

Et cette activité rurale qui se déroule à l'ombre du donjon, comme il est frappant de voir la femme du seigneur y participer, cette châtelaine médiévale qu'on nous représente comme une douce fileuse aux nattes blondes. très souvent, lorsqu'une chartre est dréssée, elle intervient non seulement pour faire approuver un don, mais aussi pour mettre fin à une contestation (calumnia) qu'elle a élevée. Nous pourrions multiplier les exemples. Et il est du plus haut intérêt de constater la nature des dons qu'elle reçoit lors des accords avec l'abbaye: il est remis une vache et son veau à l'épouse d'Archambauld, un sétier de froment et une brebis à l'épouse de Guillaume Marran, un mouton et une autre fois une vache à la femme de Girard Fils-Ivon, une vache à sa belle soeur.

Bien mieux : nous avons trouvé dans une chartre de Noyers une anecdote que nous allons essayer de projeter ( avec l'aide d'autres chartres ) en film vraiment pris sur le vif;

Vers 1081 un habitant de Noyers, Engelgerius, était tombé gravement malade, appela près de lui l'Abbé Etienne. consolé par le religieux, il donna au monastère, avec le consentement de son épouse serra et de ses six fils, sa terre de la Treille au Peltier (Cultura Alestelli) avec son pré de la Boire (Bera) , sis entre le grand chemin de Noyers à Ports de Piles et celui de Noyers à la fontaine Pierre (Fons Poillosa) , Il mourut et fut enterré par les moines. Mais alors sa veuve et ses fils contestèrent le consentement qu'ils avaient donné à la générosité. L'hiver vint avec ses frimas. La neige couvrit la campagne. Serra, que son mari avait laissée enceinte, gouvernait le domaine. c'était une femme de noble lignée, descendant des " Normandel", chevaliers qui furent parmi les premières relations de l'abbaye. C'était aussi une femme de tête. Or elle apprit que des moutons à elles se trouvaient dans la citadelle de Nouâtre. Il faisait un temps à ne pas mettre un cheval dehors. Elle aurait pu déléguer un de ses fils, un vilain ou un berger. Mais elle savait discuter et revendiquer, au besoin se faire l'avocate de ses enfants en justice. Elle partit pour Nouâtre. Le chemin très fréquenté, piétiné, était sans doute glissant. Elle tomba, et cette chute entraîna son avortement ; rendue chez elle elle pensa à la mort et fit venir l'abbé à qui elle confirma le don, en présence et du consentement de ses six fils.

Quant aux non-nobles,leurs occupations, leurs soucis sont , dans la vie courante du moins, ceux qu'on connu nos comtemporains, même en ce qui concerne les colliberts et les serfs, dont un historien écrivait récemment : ( le serf est une personne, non une chose, et on le traite comme tel)

 

NOUÂTRE

La seigneurie de Nogastrum ou Nouâtre, relevant du château de Chinon, fut aux Sainte-Maure, Craon, La Rochefoucault, d'Estouville, Du Fou, puis aux Rohan ; réunie au XVIème siècle au comté, puis duché de Montbazon. Abbaye Bénédictine de Noyers, fondée au XIème siècle par un chevalier de Foulque Nerra, ravagée au XVIème siècle par les huguenots, tombée en décadence avec la mise en commende, puis supprimée à la révolution. Balzac en attribue la propriété au père d'Eugénie Grandet.

Nouâtre l'An Mil

Camp retranché dàs les premiers ages de notre histoire, Nouâstre était devenu une formidable citadelle. Une modeste bourgade se blotissait alentour d'une forteresse composée d'une énorme motte féodale surmontée d'un donjon en bois, ceinturée d'une solide palissade, en surplomb de profondes douves alimentées en eau par le ruisseau " Le Réveillon" et protégées à l'Ouest par la rivière " la Vienne". L'enceinte de forme triangulaire renfermait une église dédiée à Saint-Révérend, les habitations du Capitaine commandant la garnison, des hommes d'armes et les entrepôts de nourriture. La population du bourg était très mélangée, la citadelle voyait circuler entre ses murs, de nombreux chevaliers, hommes de guerre les uns habitant sur les lieux ou ses abords, les autres n'y faisaient que des apparitions entre deux espéditions guerrières. Quelques noms sont cités dans le cartulaire de Noyers : Guillaume de Nouâstre, Marric de Nouâstre, Urias de Nouâstre et son frère Almavinus " Queue de vache" et leur père Bernard Queue de vache. Face à cette forteresse s'élevait de l'autre côté de la Vienne, une autre motte féodale de moindre importance, commandée par Yvon Seigneur de Nouâstre et de Tavant. Les deux fortersses constituaient un formidable système de défense qui commandait le passage de la Vienne. C'est en l'an onze cent que Foulques Nerra, comte d'Anjou bâtit la première forteresse de pierre sur les bords même de la Vienne. La population civile était très mélangée : artisans, commerçants, agriculteurs et vignerons, vivaient dans une paix précaire. C'est à cette époque entre980 et 1030, qu'à quelques kms de Nouâstre, l'abbé Evrard, qui dirigeait les monastères de Marmoutier et de Saint Julien de Tours, avec l'aide des moines de l'ordre de Saint Benôit, construisait les premiers bâtiments d'un monastère qui allait devenir l'abbaye de Noyers. Toute la population de serf, de collibert, grâce à un travail acharné, défrichait les terres, irriguait les marais,plantait la vigne, tirait la pierre pour bâtir. Nouâstre était également un important lieu de pélérinage, Saint Révérend ayant la renommée de guérir " du feu de démon ", la folie, les malades après l'office étaient précipités dans une fontaine portant le nom du Saint Homme.

Que de révélations nous auras apportées ce petit voyage à Nouâtre!!!!!!!!!!!!

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Guy de Nevers: Seigneur de Nouâtre, figure dans les chartes de l'Abbaye de Noyers de 1007 et 1084. Sa femme se nommaitAgnés. Il prit l'habit religieux dans l'abbaye de Noyers. L'abbaye de Noyers fut fondée, au commencement du XIème siècle par un chevalier nommé Hubert, qui acheta dans ce but, d'un autre chevalier nommé Malran, une petite église située à Noyers et qui était dédiée à la Sainte Trinité et à Notre-Dame. Cette fondation fut approuvée par Foulques Nerra, comte d'Anjou, et par le roi Robert ( vers 1031 ). La construction de l'église fut achevée l'année suivante. L'église a été emportée par la révolution, et les batiments claustraux ( relatif au cloître, qui rappelle l'austérité du cloître) furent rebâtis dans le cour du XVIIIème siècle (1760).

L'abbaye de Noyers fut ravagée d'abord en 1562 par les protestants, puis en 1589, par des soldats catholiques. Ceux-ci, on ne sait pourquoi, mirent à mort un des religieux et détruisirent les titres.

En 1742, le revenu de l'abbaye de Noyers était évalué à 17400 livres. Le 6 mai 1791, les bâtiments claustraux ( relatif au cloître, qui rappelle l'austérité du cloître), l'église et les métairies furent vendus nationalemment pour 100 à 200 livres. Cette abbaye était entrée dans la congrégation de Saint Maur le 4 avril 1659. Le fief de l'abbaye de Noyers relevait du château de Chinon à une maille d'or à chaque mutation du roi. Il avait le droit de haute, moyenne et basse justice. Les fourches patibulaires qui marquaient le droit de haute justice étaient placées dans les environs du bourg de Nouâtre. Le 25 juillet 1372, Isabeau de Craon, dame de Nouâtre, autorisa les religieux à transporter ces fourches au lieu-dit " le Bois aux Moines ", à la condition que tous les ans, le jour de la fête Dieu, ils lui présenteraient un chapeau de fleurs.

L'abbaye de Noyers levait une dîme dans la parroisse de Poizay-le-Joli. A cause de cette dîme l'abbaye était tenue d'envoyer tous les ans au château de la Fontaine-Dangé " une jallaye ( La jallais ( ou jallaye, ou jallet , galeta dans le texte latin) présente un intérêt particulier, puisqu'elle correspond à la contenance du boisseau de Saumur. La concordance n'est sûrement pas fortuite, mais quelle mesure a entraîné l'autre ? Cette jallais est aussi un seau servant au transport du vin nouveau ; elle survit jusqu'au XVIIIe siècle,où, contenant toujours 10 pintes et étalonnée tous les ans, elle sert à la perception des dîmes en vin.) de vin et un gâteau d'un boisseau de froment pétri evec des œufs et du beurre. Celui qui portait ce cadeau devait être accompagné de deux individus jouant de la cornemuse.

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