;Le Château

 

 

Le Château Cliquez sur l'image pour l'aggrandir

 

Ce castrum qui est à l'origine du nom de Nouâtre était initialement une motte féodale surmontée de son donjon de bois construit dès le début de la conquête de la Touraine par le Comte d'Anjou Foulques Nerra. Un donjon carré y est probablement érigé aux XIéme et XIIéme siècle comme dans les autres castra tenus ou fondés par les Angevins. Dans le courant du XIIIéme siècle, la prise de possession de la Touraine par Philippe Auguste laisse la citadelle nouâtraise à proximité du Poitou toujours occupé par les Plantagenêts. Sur les ruines de ce castrum, les seigneurs de Sainte-Maure à qui appartient le fief de Nouâtre, Jean d'Estouville et par la suite son beau-frère Jean du Fou, relèvent au XVéme siècle un château, reconnu par un aveu de 1483. L'enceinte extérieure, dont les bases sont baignées par la Vienne, a pour cette époque une forme proche du carré avec un angle tronqué au nord-est. Trois tours circulaires flanquent les angles et deux tours jumelées se dressent sur la face sud. Les trois tours existent encore quoique diminuées de hauteur comme les murailles d'enceinte. A la base de la muraille et entre les deux tours de flanquement du pont-levis est grossièrement percée une porte donnant accès à une vaste salle rectangulaire de 9 mètres sur 5,60, voutée sur près de 3 mètres d'un berceau à doubleaux parfaitement appareillé et jointoyé. Cette salle, qui n'est initialement reliée à l'extérieur que par un puit rectangulaire ouvert dans l'épaisseur de la voûte, ne doit sans doute servir que de lieu de stockage ou d'ultime réduit défensif.

Voir Aussi

NOUATRE FÛT UNE CITADELLE FÉODALE AUX XIème ET XIIème SIÈCLE.

NOUATRE SITE FORTIFIE

Schéma d'un chateau à motte

 

Site réalisé par . Pour me contacter A bientôt

GLOSSAIRE

Castrum: Mot entrant dans la composition de certains noms de lieux romains (camp militaire). L'utilisation du terme Castrum dans les textes médiévaux n'est pas univoque; il peut tout à la fois indiquer un château ( motte, donjon, enceinte ) ou un château et sa basse-cour protégée ou non par une deuxième enceinte formée la plupart du temps par un fossé et une palissade au Xème siècle voire d'une muraille en pierre à partir du XIème siècle. Retour

Castra: Pluriel de Castrum. Retour

Motte:Le château à motte: Les enceintes fortifiées de l'époque carolingienne ne possèdent pas les caractéristiques du château. Ce sont soit de vastes enceintes couvrant plusieurs hectares, soit de petites enceintes circulaires de 50 mètres de diamètre environ, comme celles qui ont fait l'objet de fouilles en Normandie. Dans l'un et l'autre cas, une palissade de bois rudimentaire, précédée d'un fossé, semble avoir pour fonction de protéger un domaine, un village ou une grande ferme contre brigands et maraudeurs ; en aucun cas ces enceintes ne sont aptes à résister à un assaut d'envergure. Le château fort apparaît à la fin du Xe siècle sous la forme du château à motte : la «tapisserie » de Bayeux en a conservé l'image. On utilise une éminence naturelle ou une motte artificielle de forme tronconique ; au pied de la motte, le fossé, qui précède un talus surmonté d'une palissade de bois, constitue une première ligne de défense ; au sommet, le donjon, tour de bois carrée, et la «chemise », autre palissade, forment l'ultime réduit défensif ; le donjon sert également de résidence au seigneur. Le plan se complique parfois : des mottes secondaires peuvent renforcer la défense de la palissade. La pierre est très tôt utilisée dans les régions où elle abonde ; au début du XIe siècle, le comte Foulques Nerra fait élever en Anjou et en Touraine nombre de donjons en pierre, dont le plus ancien semble être Langeais (994 ). L'usage du bois se maintient pourtant, notamment dans le nord de la France et de l'Europe, jusqu'à des dates tardives : XIIe siècle en Île-de-France, XIIIe siècle en Flandre ; en Bohême, le château de Karljstein, que Charles IV bâtit au XIVe siècle, comprend encore un étage en bois. Retour

Foulques Nerra:(vers 972-1040)

Étonnant Faucon Noir ! L'indomptable comte d'Anjou, qui ajouta la Touraine à ses terres en les enlevant à son rival Eudes 1er, comte de Blois, fut en effet l'un des plus grands féodaux des années 1000, plus puissant que son suzerain, le roi de France. Toute sa vie fut marquée du sceau de l'outrance et de la démesure, enchaînant exploits chevaleresques et crimes infâmes, faisant alterner les actions les plus noires avec les gestes les plus nobles... Cynique et romantique, violent et généreux, "oscillant, dira La Varende, entre le crime et le remords, la tuerie et la dévotion, le drame et la comédie", il sera d'abord un homme de guerre, fin stratège, qui décida ainsi d'ancrer plus solidement ses domaines, en les quadrillant de puissantes forteresses, dont la Touraine a conservé la plupart : Loches, Montrésor, Montrichard, Montbazon, Semblançay, Langeais...
Bien que Tours même parvînt à échapper à son empire, toutes les vallées et routes tourangelles étaient sous sa surveillance. S'il veillait sur ses biens terrestres, Foulques Nerra n'oubliait pas pour autant de se préparer un avenir dans l'au-delà, place que ses nombreux forfaits risquaient de compromettre. Ainsi, avait-il été excommunié en 996 pour être entré à cheval et en armes dans la basilique Saint-Martin afin d'y pourchasser un chanoine.
Pire ! Pour se débarrasser de sa première épouse, Élisabeth de Vendôme, qui ne lui donnait pas d'héritier mâle, il l'avait fait accuser d'adultère pour mieux l'envoyer au bûcher. Pour racheter de tels crimes, l'indomptable guerrier se rendit plusieurs fois en Terre sainte et se montra généreux envers l'Église, bâtissant à ses frais nombres d'églises et de monastères.
Il éleva ainsi l'abbaye bénédictine de Beaulieu, qu'il avait choisi pour reposer en paix, après un règne d'un demi-siècle. Il y fut enterré en 1040. Retour

 

Plantagenets: Les Plantagenêts constituaient une dynastie d'origine angevine qui régna sur l'Angleterre de 1154 à 1399, c'est-à-dire de l'avènement d'Henri II à la déposition de Richard II et l'accession au trône des Lancastre (en la personne d'Henri IV de Lancastre, petit-fils, comme Richard II, d'Édouard III Plantagenêt ). Les circonstances de l'avènement des Angevins, ainsi que la dualité de leurs possessions, françaises et anglaises, ont pesé sur toute leur histoire. Retour